L'hyperphagie
correspond a une prise importante et compulsive de nourriture
(d'où
le terme d'"hyperphagie") sans comportements compensatoires
(vomissement,
laxatifs, hyperactivité sportive...).
Définition
HYPERPHAGIE
BOULIMIQUE
("Binge eating
disorder", Spitzer et al., 1993; DSM-IV, 1996)
A.
Épisodes récurrents de crises de boulimies ("
binge eating
"). Une crise de boulimie répond aux 2
caractéristiques suivantes
:
1)
Absorption, en une courte période de temps (moins de 2
heures),
d’une quantité de nourriture dépassant
notablement ce que
la plupart des personnes mangent dans le même temps et dans
les mêmes
circonstances.
2)
Sentiment de perte de contrôle sur le comportement
alimentaire pendant
la crise (par exemple, sentiment de ne pas pouvoir
s’arrêter de manger
ou de ne pas pouvoir contrôler ce qu’on mange ou la
quantité
de ce qu’on mange).
B.
Durant les crises de boulimie, au moins trois des critères
suivants
d’absence de contrôle sont présents :
1)
Prise alimentaire nettement plus rapide que la normale.
2)
L’individu mange jusqu’à
l’apparition de sensations de distension
abdominale inconfortable.
3)
Absorption de grandes quantités d’aliments sans
sensation physique
de faim.
4)
Prises alimentaires solitaires afin de cacher aux autres les
quantités
ingérées.
5)
Sensations de dégoût de soi, de
dépression, ou de grande
culpabilité après avoir mangé.
C.
Le comportement boulimique est source d’une souffrance
marquée.
D.
Le comportement boulimique survient en moyenne au moins 2 fois par
semaine
sur une période de 6 mois.
E.
Le comportement boulimique n’est pas associé
à des comportements
compensatoires inappropriés (par exemple vomissements, prise
de
laxatifs, exercice physique intensif), ne survient pas au cours
d’une Anorexie
mentale (Anorexia nervosa) ou d’une Boulimie (Bulimia
nervosa).
Quelques
éléments
- Une des
particularités
de l’hyperphagie est de concerner autant les hommes que les
femmes.
-
L’hyperphagie
est également appelée « boulimie sans
vomissement »
ou « compulsion alimentaire grave ».
-
Selon diverses
études, près de 50% des personnes souffrant
d’obésité
souffriraient également d’hyperphagie.
D’autres études concluent
à un pourcentage encore supérieur (dans
l’obésité,
à l’hyperphagie se mêlent
fréquemment les grignotages).
-
Les personnes
souffrant d’hyperphagie consultent moins des psys que dans
les autres troubles
alimentaires. Elles se tournent plutôt vers un
généraliste
ou un nutritionniste.
-
Les personnes
souffrant d’hyperphagie consultent en majorité
pour des problèmes
physiques consécutifs au surpoids ou à
l’obésité
: maladies du cœur, hypertension artérielle, taux
élevé
de cholestérol, diabète de type 2,
apnée du sommeil,
insuffisance respiratoire…
Contrôle
et perte de contrôle
Dans tout
domaine
psychologique et à fortiori dans celui des troubles,
alimentaires
ou autres, il y a une règle
élémentaire : «
plus il aura contrôle, plus il aura perte de
contrôle ».
Le contrôle est illusoire (on appelle d’ailleurs
cela « illusion
de contrôle »). L'hyperphagie est une pure
représentation
de ce principe. Dans de nombreux cas, le trouble se continue et se
développe
simplement par cette alternance. Dans l'hyperphagie, de longues
périodes
d'abstinence et de régimes draconiens laissent immuablement
la place
à des périodes de transgression, de compulsions
alimentaires.
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de page
Restriction
cognitive
Notre
société
est rationaliste, scientifique et trouve assez fréquemment
sa satisfaction
dans le contrôle de la réalité qui
l’entoure. Il en
est de même dans le domaine alimentaire. Face à
des problèmes
de poids, la stratégie n°1 consiste en la mise en
place d’un
contrôle de l’alimentation, à base de
règles, de stéréotypes…
Ainsi, les personnes que je côtoie dans des consultations
portant
sur les troubles alimentaires sont de véritables
encyclopédies
de diététique ambulantes, affirmant à
tout vent et
avec véhémence leurs règles
alimentaires (discutables
ou non) et présentant des croyances inébranlables
dans ce
domaine. Il est intéressant de noter que paradoxalement,
plus il
y a de certitudes et de règles, plus il y a trouble
alimentaire.
Cet aspect nourrit un principe assez général dans
le domaine
des troubles psychologiques (et donc également alimentaires)
: plus
il y a de contrôle, plus il y aura perte de contrôle.
Cet
aspect trouve une explication assez simple et nette : le
naturel ne
se contrôle pas. Et l’alimentation fait
partie du naturel.
Il y a
d'ailleurs
un conte ancien qui relate comment la fourmi demanda au mille-pattes :
« Pouvez-vous me dire comment vous arrivez si bien
à
marcher avec mille pattes ? Pouvez-vous m’expliquer comment
vous pouvez
les contrôler toutes en même temps ? » Le
mille-pattes
se mit à y réfléchir et ne put alors
plus marcher.
Comment
obtient-on
un résultat opposé au résultat
désiré?
Les problèmes de poids (pour l’hyperphagie), ou la
peur de prendre
du poids (boulimie et anorexie), conduisent à la mise en
place de
croyances sur l’alimentation, croyances qui
génèreront des
comportement inadaptés. Sous contrôle, les choix
alimentaires
se fondent sur la régularité et la
quantité au détriment
de la nature de l’alimentation qui elle se fonde sur
l’adaptabilité
aux besoins du moment donc à la variabilité, au
goût,
à l’appétit et la notion de
rassasiement ou de satiété.
Sous
contrôle,
l’alimentation ne se construit plus sur des informations
internes mais
sur des critères externes.
Alors, quel
est le problème si on suit un régime et que
l’on maigrit
?
Le
problème
essentiel est que, selon l’expression consacrée :
« chassez
le naturel, il revient au galop ». Le contrôle ou
le régime
s’inscrivent dans une première étape,
phase volontariste
ou le sujet fait abstraction de ses signaux internes du type
goût,
faim et satiété pour se conformer aux
règles prescrites
: il faut manger équilibré, il faut manger trois
fois par
jour, il faut manger ceci à midi et ceci le soir,
… Pour supporter
cet effort surhumain, le sujet met en place des rituels,
évitements,
interdictions absolues… Le système se rigidifie
au détriment
des rythmes naturels, des goûts, …
L’extrémité de cet
hyper-contrôle se révèle à
travers l’anorexie,
sorte de régime perpétuel.
A part les
personnes se tournant vers l’anorexie,
l’être humain n’apprécie
guère les « il faut » ou « je
dois », opérateurs
modaux détestables. Un tabou est fait pour être
transgressé.
Le premier
tabou transgressé est celui de la quantité : la
personne
craque en mangeant en grande quantité des aliments
autorisés.
Mais la satisfaction n’est guère au rendez-vous
(d’où les
importantes quantités absorbées).
Le
deuxième
tabou transgressé est celui du goût (et de la
charge calorique
qui en général l’accompagne) : le sujet
craque pour un aliment
interdit, par goût. Et comme elle compte bien continuer le
régime
après cet accident, elle en consomme une grosse
quantité.
Chaque « craquage » comme disent les adolescents,
est considéré
et vécu comme le dernier c’est-à-dire
avec une intensité
comparable à l’enterrement d’une vie de
garçon.
Ces aspects
sont renforcés par le fait que des personnes ayant
eu à
subir les affres du contrôle ou du régime pendant
un certain
temps, n’ont plus ou peu de sensation de
satiété. Ayant anesthésié
ses sensations, le sujet ne sent donc plus (ou peu) si il a faim ou
non,
ce qui pose rapidement problème dans le cadre des troubles
alimentaires.
Cet aspect débouchera sur l’hyperphagie et la
prise de poids ou
la mise en place de stratégies
d’élimination dans la boulimie
ou l’anorexie-boulimie.
D’un
point
de vue psychologique, la présence des règles
entraîne
deux processus qui vont venir amplifier les
phénomènes :
frustration et culpabilité. Frustration face aux interdits,
aux
arbitraires du régime (draconien ou non) et puis
culpabilité
après la perte de contrôle. Il est
d’ailleurs à noter
que dans les troubles alimentaires, les émotions que sont
frustration
et culpabilité sont anesthésiées et
calmées
d’une manière précise et
particulière : par la
prise importante de nourriture. Nous avons là un
beau cercle
vicieux. En thérapie stratégique, on nomme ce
type de phénomène tentatives de
solutions qui rendent le
problème encore plus complexe.
Ou bien à la manière d’Erickson,
on peut mettre en
valeur cette faculté déroutante qu’a
l’être humain,
face à une difficulté, de mettre en place une
stratégie
et, si d’aventure elle n’apporte pas satisfaction,
à reproduire
inexorablement : faire «encore plus de la
même
chose». Si il n’y a pas de règle, il
n’y a pas formation de
ce cercle vicieux. Il n’est pas rare dans
l’approche thérapeutique
des troubles alimentaires de trouver la remise en cause de la
restriction
cognitive au centre de la résolution de la
problématique,
et que la moitié du travail soit constituée par
cette déprogrammation
du sujet qui peut dans certains cas suffire à
résoudre le
problème : "Vous
voulez maigrir?... Et bien mangez
ce que vous
voulez, dans les quantités que vous voulez et au moment
où
vous le voulez!" Le
problème est juste de se
réinitialiser,
de reformater le disque dur pour le débarrasser de ces
programmes
dysfonctionnels et inadaptés au bien-être.
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de page
Traumatismes
Des
études
fleurissent sur la commorbidité entre traumatismes et
troubles alimentaires,
notamment sur l’influence d’abus sexuels. Les rares
études susceptibles
d’être dignes
d’intérêt, ne montrent pas un rapport
indiscutable de cause à effet.
Quelques
éléments
(1) :
è Deux tiers
environ des traumatismes sont des abus sexuels (dont la
moitié
environ de nature incestueuse). On entend par autre traumatisme : abus
physique (coups répétés ou torture),
négligence
psychologique complète, l’abandon pendant
l’enfance ou la perte
d’un parent proche.
è Selon les
études, 20 % des jeunes femmes souffrant
d’un trouble
alimentaire témoignent d’un abus sexuel, 8%
d’un autre traumatisme.
Mais ce pourcentage est également présent dans le
cadre d’autres
troubles psychologique. On ne peut qu’en déduire
qu’un abus sexuel
ou autre traumatisme est fortement psychogène, ce qui semble
évident.
Comparé à la population
générale, le taux d’abus
est plus important.
è Le taux
d’abus sexuel semble être variable dans
chaque catégorie
de troubles alimentaires : anorexie (12%), anorexie-boulimie (25%),
boulimiques
(37%). On peut donc en déduire une relation entre
présence
d’un traumatisme et un type de pathologie alimentaire.
(1)
Traumatismes
et troubles du comportement alimentaire / Vanderlinden / satas
| Rappelez-vous
enfant
Rappelez-vous
à quoi vous ressembliez quand vous étiez enfant.
Rappelez-vous
la façon dont vous parliez, comment vous vous sentiez. Ainsi
vous
vous souviendrez probablement de quelques-unes des
expériences dans
lesquelles un ami, tout aussi enfant que vous, a pu vous
entraîner.
Vous pourrez peut-être réentendre votre
cœur dire non. Certains
se rappelleront même le malaise qu’ils ont ressenti
à l’idée
de suivre cet ami. Pourtant, il nous est tous arrivé de le
faire
malgré tout.
Rappelez-vous
votre adolescence. Là encore, sous l’influence des
autres, vous
vous êtes sûrement déjà
retrouvé(e) dans
des situations que vous n’aviez pas consciemment
désidées.
Peut-être avez-vous posé des gestes que vous
n’auriez jamais
posés seul(e), ou prononcé des paroles que vous
avez rapidement
regrettées. Vous pouvez, j’en suis certain, vous
souvenir d’avoir
suivi vos amis, malgré vos hésitations. Ne
serait-ce qu’une
seule fois, vous avez probablement été
influencé(e)
par vos pairs, c’est tout à fait normal. Vous
étiez jeune,
vous n’aviez pas toute l’expérience que
vous possédez aujourd’hui.
Comme tous les enfants, jeunes et moins jeunes, vous aviez grand besoin
des personnes qui vous entouraient.
Maintenant,
grâce à l’expérience que vous
avez acquise, vous saisissez
mieux le sens des événements, vous voyez plus
clair que lorsque
vous étiez enfant. C’est également tout
à fait normal.
Vous
êtes
plus éveillé(e) qu’un enfant ;
c’est pourquoi vous pouvez
d’avantage vous faire confiance, faire confiance à
cette petite
voix qui parle en vous, faire confiance à ce que vous
ressentez
et à ce que vous voyez avant tout. Cela vous met
d’avantage à
l’abri de ce que les autres voudraient vous faire voir, vous
faire ressentir
ou vous entendre dire.
Ainsi, vous
êtes en mesure de comprendre que, si un enfant a pu jadis
vous persuader
de poser des gestes que vous ne referiez probablement pas
aujourd’hui,
il est d’autant plus aisé pour une grande personne
d’entraîner
un enfant dans des aventures que seul un adulte peut
désirer.
Miroirs
magiques / D. Lamber / JCL editions
|
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Stress
post-traumatique
Le stress post
traumatique désigne une entité précise
qui peut être
présente et agissante dans un trouble alimentaire. Voici un
présentation
du TSPT (trouble du stress post –traumatique)
è
Critères diagnostiques DSM IV.
Le TSPT
découle
selon le DSM-IV (American Psychiatric Association, 1994) de
l'exposition
à un événement traumatique qui
provoque chez l'individu
de la peur, de la détresse ou de l'horreur. Ce
trouble se
manifeste par une réexpérience persistante de
l'événement
traumatique, des comportements d'évitement des stimuli
associés
au traumatisme, un émoussement de la
réactivité générale
et un état d'hyperactivité
neurovégétative.
A) La personne
a été exposée à un
événement
traumatique au cours duquel les deux critères suivants
étaient
présents:
1.
la personne
a été exposée, témoin ou
confrontée
à un ou des événements qui ont
impliqués la
mort ou menace de mort, ou de blessures graves ou une menace
à son
intégrité physique ou à celle
d'autrui.
2.
la réaction
de la personne impliquait une peur intense, de la détresse
ou de
l'horreur.
B)
L'événement
traumatique est revécu de façon persistante,
d'une ou plusieurs
des façons suivantes:
1.
souvenirs
répétitifs et envahissants de
l'événement incluant
des images, pensées, perceptions;
2.
rêves
répétitifs et pénibles de
l'événement;
3.
impression
ou agissement soudain comme si l'événement
traumatique se
reproduisait;
4.
intense
détresse psychologique lors de l'exposition à des
stimuli
internes ou externes ressemblant à un aspect du traumatisme
ou symbolisant
celui-ci;
5.
réactivité
physiologique lors de l'exposition à des stimuli internes ou
externes
ressemblant à un aspect du traumatisme ou le
symbolisant.
C)
Évitement
persistant des stimuli associés au traumatisme et
émoussement
de la réactivité générale
(non présent
avant le trauma) qui s'expriment par trois ou plus des
symptômes
suivants:
1.
efforts
pour éviter les pensées, sentiments ou
conversations associés
au traumatisme;
2.
efforts
pour éviter les activités, endroits ou gens qui
éveillent
des souvenirs du traumatisme;
3.
incapacité
de se rappeler d'un aspect important du traumatisme;
4.
réduction
nette de l'intérêt ou de la participation pour des
activités
de valeur significative;
5.
sentiment
de détachement ou de devenir étranger par rapport
aux autres;
6.
restriction
des affects (ex.: Incapacité de ressentir des sentiments
amoureux);
7.
sentiment
que l'avenir est 'bouché', que sa vie ne pourra plus se
dérouler
normalement.
D) La personne
présente deux ou plusieurs symptômes persistants
traduisant
une hyperactivité neurovégétative (ne
préexistant
pas au traumatisme):
1.
difficultés
à s'endormir ou sommeil interrompu;
2.
irritabilité
ou accès de colère;
3.
difficultés
de concentration;
4.
hypervigilance;
5.
réaction
de sursaut exagérée.
E) Les
symptômes
B, C et D sont présents durant au moins 1 mois.
F) Le
problème
entraîne une détresse cliniquement significative
ou un dysfonctionnement
au niveau social, professionnel ou dans un autre domaine de
fonctionnement
important.
è
Facteurs d'élaboration .
Vulnérabilité
biologique
Certains
individus
ont une hypersensibilité naturelle aux stresseurs (entre
autres,
hypersécrétion de
noradrénaline).
Conditionnement
interne et externe
Chez certains
individus se mettent alors en place des automatismes :
-
Externes
: réponse anxieuse à des stimuli
externes
rappelant le traumatisme
-
Internes
: réponse anxieuse à des
manifestations
physiologiques d'émotion,
d'anxiété (trouble panique...)
Sensibilisation
- Hypervigilance
Après
un traumatisme, la personne souffrant de stress post traumatique va
mettre
en place un système d'hypervigilance, orientée
vers un danger
éventuel et enchaîner ainsi les "fausses alarmes"
(crises
de panique, angoisse...)
Schémas
de danger inconscients
Se met donc
en place un seuil élevé d'intolérance
à des
dangers potentiels, réctivé par des faits de la
vie courante,
mais aussi des flash back répétés.
Installé,
le TSPT se chronicise.
Attribution
des causes
-
Interne : dans de nombreux cas, les victimes
s'attribuent la
responsabilité
des causes de l'événement.
Culpabilité, baisse de
l'estime de soi.
-
Externe
: dans d'autres cas, les causes sont attribuées
au monde
extérieur.
Baisse de la sécurisation.
Force du
traumatisme
C'est en
général
plus la force de la menace perçue que celle de la menace
réelle
qui décide qui décide de l'installation du
TSPT.
Valeurs
et désillusion
Les personnes
pensant le monde juste, stable et sécurisé
développeront
de manière plus fréquente un TSPT. Le traumatisme
représente
une rupture totale avec le monde dans lequel ils pensaient
évoluer.
Haut
de page
è
Dissociation .
Les
phénomènes
de dissociation, s'ils sont présents dans un TSPT sont
prépondérants
dans sa génèse et donc sa prise en charge. Par
dissociation,
on entend les processus auxquels la personne fait appel pour se
dissocier
du traumatisme, mais qui, s'ils sont naturels n'en remplissent pas pour
autant l'effet escompté (soulager la personne). La nature
inconsciente
de ces dissociations en font un sujet de choix de l'hypnose
ericksonienne.
1)
Amnésie : des troubles de la mémoire
sont
souvent à constater
chez des personnes souffrant de TSPT, amnésies partielles ou
totales.
L'amnésie a été à un moment
donné la
seule solution de survie, pour se défendre des souvenirs
resurgents
du vécu traumatique.
Il est
également
à noter dans le cadre de l'amnésie que bien
souvent elle
n'est pas sélective : c'est tout une période, de
manière
globale qui est oubliée, souvenirs positifs y
compris.
2)
Mémoire,
concentration :
Des troubles
de la concentration, de la mémoire sont également
à
relever dans le cadre du TSPT.
3)
Détachement,
déconnexion de la réalité et autres
:
Est
également
à observer un retrait psychologique par rapport au monde
extérieur
et aux affects désagréables qu'il peut
représenter.
Si là encore, il s'agit d'une solution inconsciente de
survie, il
peut en résulter un malentendu relationnel du à
l'impression
de désintérêt ou de froideur qui peut
être donnée
et ainsi un non-tissage de liens relationnels, une absence de
communication...
Si ces
phénomènes
de dissociation ont tout d'abord leur utilité, le danger
résulte
dans leur chronicisation, leur automatisation. Cette tendance
à
se déconnecter peut d'ailleurs s'étendre
à d'autres
événements générateurs
d'anxiété.
C'est d'ailleurs ainsi que l'on trouve des schémas qui se
reproduisent,
ou des personnes qui par exemple subissent des viols
répétés
sans réaction de défense ou de communication
externe. La
dissociation correspond ici à une extinction des
expériences
émotionnelles et sensorielles liées à
l'état.
è
Flash-backs - cauchemars et autres - Phénomènes
associatifs .
Les victimes
de TSPT rapportent souvent des cauchemars à
répétition,
des souvenirs indésirables ou des images
récurrentes du traumatisme.
Ces flash back constituent en fait une réponse inconsciente
à
un stimulus directement ou indirectement lié au traumatisme.
On
a donc ici des phénomènes plutôt
associatifs : selon
un mode de conditionnement classique, le sujet se retrouve
plongé
dans le traumatisme premier. Phénomène
participant au développement
anxieux, le rapport entre le stimulus de la vie réelle et le
flash
back peut être difficile à identifier (ex : pot
d'échappement
qui pétarade et renvoie à une fusillade...). Une
simple odeur,
ancrage très puissant peut par exemple suffire.
Ces flash back
peuvent être interprétés comme une
tentative inconsciente
de se désensibiliser à la situation traumatique,
stratégie
qui, à l'image des phénomène
dissociatifs, n'a que
peu de chance d'aboutir.
On peut
également
envisager qu'au moment des cauchemars, l'inconscient veuille "classer
le
dossier" (ce qu'il fait normalement pendant la nuit) mais n'y parvienne
pas, étant donné la force traumatique du
"dossier" en question.
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de page
Etats
dissociatifs
è
Dissociation et parties.
Une des notions
à aborder dans l’approche des troubles
alimentaires concerne les
états dissociatifs. Les phénomènes
dissociatifs sont
présents chez chacun de nous : quand un refrain nous vient
inconscient,
lorsque l’on rêve ou lorsque l’on est
absorbé par une activité
par exemple. Mais au-delà d’un certain seuil, les
mécanismes
de l’individu mettent en place la dissociation pour
échapper à
une réalité. Par exemple, un enfant
s’absorbera dans un film
à la télé pour échapper
à une scène
de ménage ou de violence de ses parents. Même si
les troubles
alimentaires ne sont pas classés dans les troubles
dissociatifs,
le phénomène de dissociation y joue un grand
rôle,
générant ou chronicisant le trouble.
Voici un
panorama
des phénomènes dissociatifs (M. Phillips /
Psychothérapie
des états dissociatifs / Satas)
Ces parties
traitant du traumatisme apportent nécessairement des
informations
sur la genèse et la remise en cause d’un trouble
alimentaire. Leur
intérêt est également de mettre en
évidence
une conséquence du vécu traumatique qui semble
importante
dans l’approche du trouble : les
phénomènes dissociatifs.
Comment se
mettent en place des phénomènes dissociatifs
inadaptés
au bien-être ?
Ce
processus
est issu d’une desynchronie : le système cognitif
qui permet de
traiter l’information (de réfléchir,
rationaliser, conceptualiser
ce que nous vivons…) met quelques années
à structurer (on
parle par exemple de l’ »age de raison »,
à 7 ans parait-il).
Par contre le système des émotions fonctionne
dès
la naissance. Ainsi, un jeune enfant ne va pas avoir tous les moyens
d’un
adulte pour s’adapter à la
réalité qu’il est en train
de vivre. Face à un traumatisme, il va se paralyser
(« comme
un petit animal »). Le rythme alimentaire va être
un des seuls
éléments sur lequel le jeune enfant va pouvoir
influer. On
retrouve ces deux éléments dans le trouble
alimentaire, moment
ou le temps s’arrête et ou le rythme alimentaire
s’intensifie. Un
conditionnement s’est mis en place : certaines situations,
stimuli divers
vont provoquer état dissociatif et crise boulimique, entre
autres.
La dissociation
constitue donc une stratégie mentale
d’évitement : «
la réalité est difficile, je me coupe de la
réalité
». Une partie de la personne se déconnecte,
phénomène
qui peut par exemple se mettre en place pendant une période
de stress
chronique ou une situation traumatique. On retrouve
fréquemment
ce modèle des parties dans les troubles alimentaires avec
des propos
de type : « C’est comme si une partie de
moi… ». Nous possédons
tous des parties qui forment en inter-relation ce que nous sommes. Il y
a dissociation quand des parties se scindent, ne communiquent plus ou
moins
avec le reste de la personne et la réalité qui
l’entoure.
La difficulté et l’échec des
thérapies des addictions
ou des troubles alimentaires résident entre autres dans le
fait
qu’en thérapie, on dialogue avec la partie de la
personne ouverte
au changement, non avec celle qui s’y oppose ou du moins
traîne les
pieds. De même, les stratégies conscientes (dont
les régimes
pour les hyperphages) s’adressent à la partie qui
émerge
non à la partie à l’origine du
problème. Et si un
changement alimentaire sous forme de contrôle cognitif, de
restriction
se met en place, c‘est au mépris de cette partie
immergée
et donc au détriment de l’équilibre de
la personne. Cela
ne peut donc être que difficilement stable et
durable.
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è
Intention positive, parties et recadrage.
Une
étape
importante dans la résolution d’un trouble du type
hyperphagie est
la mutation cognitive qui concerne le symptôme. Tout
comportement
a une fonction en lui-même et est orienté vers une
intention
positive. On met en place un comportement ou une compulsion
à un
moment où, pour s’adapter à la
réalité de ce
que l’on vit, on n’a pas de meilleure solution
à disposition. L'hyperphagie
par exemple fait généralement horreur
à la personne
qui en souffre. Elle est donc souvent assez loin de
considérer un
fondement positif au phénomène.
On peut
considérer
l'être humain comme une boule aux multiples facettes. Ces
facettes,
parties existent et évoluent en inter-relation pour
construire et
développer une personnalité. Comme
expliqué plus haut,
le trouble alimentaire s'accompagne de phénomènes
dissociatifs.
La partie "hyperphage" est dissociée des autres parties de
la personnalité.
C'est pour cela qu'on entend souvent, dans le cadre des comportements
alimentaires,
des réflexions du type : "C'est comme si une partie de
moi...",
"je deviens quelqu'un d'autre"... La partie est dissociée,
donc
incontrôlable et inaccessible. Reconnaître une
intention positive
à la partie qui met en place la boulimie, c’est
l’accepter, l’intégrer
c’est-à-dire la réassocier. Si il
n’y a plus mise à
l’écart, dissociation, un dialogue devient
possible. On peut alors
réintroduire ou construire un dialogue interne entre les
différentes
parties et la construction de nouvelles solutions.
Dans de
nombreux
cas, la dissociation pérennise, entretient le trouble et
crée
la difficulté thérapeutique : on ne communique
pas ou peu
avec la partie concernée, possédant les
solutions. Rétablir
le contact avec la «partie incontrôlable et
compulsive»
suffit souvent à résoudre le trouble. «
Reconstruite
», en contact avec sa totale intégrité,
la personne
trouve en elle les moyens et ressources de remettre en cause le
trouble,
de générer de nouvelles solutions respectant
l’intention
positive de départ mais adaptées au
bien-être (ce que
l'on nomme recadrage). L’hypnose ericksonienne est un outil
privilégié
de cette reconstruction et de ce changement. Le conscient en recul, on
a accès à ces parties inconscientes, on peut les
mobiliser
et les guider en leur offrant les outils de cette restructuration
interne.
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de page
Anesthésie
et/ou engourdissement des émotions
Tout
thérapeute
qui se respecte ayant travaillé sur des structures
obsessionnelles
sait ne pas « tomber dans le panneau » de
l’obsession. La focalisation
sur un sujet a pour vocation principale de neutraliser
d’autres problèmes
qui seraient plus déstabilisants. Il ne s’agit pas
ici de dire que
la personne fait « exprès », mais
qu’elle a mis en place
une stratégie inconsciente de défense. La
compulsion et d’un
point de vue général, le trouble alimentaire
constituent
souvent un anesthésiant d’affects
négatifs. Plutôt
que de se laisser déborder par tristesse,
anxiété,
colère, ennui, angoisse de séparation
… une partie de la
personne préfère se focaliser sur
l’alimentaire (on aborde
ici les phénomènes dissociatifs
évoqués dans
un autre paragraphe). Le moment de la crise est d’ailleurs
présenté
comme un moment de calme, d’engourdissement… Les
émotions négatives
et plus particulièrement la peur qu’elles viennent
à déborder
sont fréquemment un déclencheur de la crise et du
trouble
alimentaire.
Dans
l'hyperphagie,
la crise ou compulsion alimentaire est donc un moyen d'adaptation
à
une réalité qui est perçue comme
insurmontable.
1) Une bonne
partie des personnes souffrant d'hyperphagie ont conscience de cette
anesthésie
et de ces stratégies de protection. ce sont des
personnes-artichaud,
coeur tendre protégé par une enveloppe plus
volumineuse,
sorte de carapace. Elles ont connu une perte de contrôle (ou
perçue
comme telle) et n’ont pas envie que cela se reproduise.
2)
D’autres
personnes n’ont pas conscience de l’aspect
protecteur de ce trouble, considérant
la compulsion comme une partie noire d’elle-même,
quasi démoniaque
qui les posséde. Ces personnes
n’établissent pas de lien
entre prise alimentaire et difficulté à
contrôler leur
vie émotionnelle. Plus rigoureuses,
sévères avec elles-mêmes,
elles ne s’autorisent que peu de plaisir,
d’où la perte de contrôle
alimentaire, recherche d’un moment anesthésiant
et… agréable.
3) On trouve
également des cas d’hyperphagie chez des
mères de famille
de 45, 50 ans dont les enfants ont quitté le giron familial.
La
mari est absent, elles vivent peu en tant que femme : ayant perdu leur
unique statut, celui de mère dans lequel elles
s’étaient
fortement investies, elles comblent le vide avec un plaisir personnel,
alimentaire.
Contrôle,
anesthésie, plaisir, compensation, le trouble alimentaire
trouve
donc sa place en apportant une stratégie
d’adaptation à un
système et un mode de vie émotionnels
inadaptés au
bien-être.
Haut
de page
Petit
panorama psychologique
Contrairement
aux personnes souffrant de boulimie et a fortiori à celles
souffrant
d’anorexie, les personnes qui consultent pour hyperphagie
sont assez souvent
disponibles et souriantes. Elles maintiennent une distance
relationnelle
assez importante. Cette distance de sécurité,
révélatrice
d’une insécurité relationnelle est
importante. On peut d’ailleurs
se demander si le poids ne constitue pas, spatialement, une sorte
d’ »air
bag » relationnel. Le yoyo effectué lors des
tentatives de
régime témoigne d’ailleurs de cette
zone de sécurité
subjective, en rapport avec le poids : la personne ne peut perdre de
poids
au-delà ce seuil sous peine d’être
fragilisée, en danger.
On voit là la difficulté de traitement de ce type
de difficulté
: le problème (être en surpoids) est
également une
solution (se protéger, se faire plaisir…).
Là
où
il y avait « acorporalité » dans
l’anorexie, on peut
parler ici plutôt d’atténuation : les
vètements sont
souvent amples, asexués, sans recherche
particulière sauf
d’être dissimulé. Cette
atténuation, sorte d’auto-censure,
est également présente dans les
échanges ou tout est
modéré, positif comme négatif,
agréable ou
désagréable.
Un contexte
familial de dévalorisation (personnelle ou en comparaison
vec un
autre membre de la famille), climat douloureux, est
fréquemment
à l’origine de ces mécanismes. Si elles
ont vécu des
brimades, vexations, entre autres au sujet du poids, ces personnes
dégagent
plutôt de la tristesse de ce sentiment d’injustice,
non de la colère.
Un état dépressif est d’ailleurs assez
souvent concomitant.
C’est
un peu
ici le cas du bouc émissaire, qui développe une
énergie
considérable pour obtenir la reconnaissance et en faisant
cela s’oublie,
s’efface complètement en tant
qu’individu : loyauté, hyperempathie,
docilité voire compromission... Mais rien
n’apporte ce qui est attendu.
Ceci crée une atmosphère chronique
d’insatisfaction, d’auto-dévalorisation
et de tristesse.
La personne
hyperphage est souvent le « paratonnerre » de la
famille, endossant
les insatisfactions parentales, établissant
fréquemment un
lien très fort avec la maman. Cette relation la rend
dépendante
d’une reconnaissance qui n’arrive pas.
Ces
éléments
génèrent une basse estime de soi, sentiment de ne
pas être
capable, de ne pas être à la hauteur. Alors
à quoi
bon ? Autant manger.
Haut
de page
Séparation
et dépendance
Présent
à des degrés divers dans la boulimie, l’angoisse
de séparation
est définie arbitrairement comme survenant avant
l’age de 18 ans.
Mais ses caractéristiques essentielles peuvent se prolonger,
évoluer
et se rencontrer chez l’adulte, entre autres avec la personnalité
dépendante. Dans certains cas, ces deux
entités participent
à la construction d'un trouble alimentaire.
èL’angoisse
de séparation : outil nécessaire du
développement
de l’enfant .
Avant
d’aborder le trouble Angoisse de
séparation, il convient
de décrire ce que l’on nomme Angoisse de
séparation développementale
: l’angoisse de séparation est un
repère fondamental et nécessaire
dans le développement d’un enfant. Il est le
révélateur
de l’attachement :
-
Deux premiers mois : le bébé recherche les
stimulations sensorielles,
qui l’apaisent.
-
Trois à six mois : peur de la solitude. Le nourrisson est
apaisé
par une présence, quelle qu’elle soit.
-
A six, sept mois : l’attachement se personnalise, devient
sélectif.
Il y a les familiers qui apaisent et les étrangers qui
inquiètent
ou font peur.
L’angoisse
de séparation développementale est donc une
étape
importante, dans le sens où elle permet et
révèle
de nouvelles compétences :
-
Discrimination, capacité de comparaison
-
Différenciation, personnalisation des réponses
émotionnelles
selon la situation et les informations perçues.
-
L’attachement met en place un réseau de
stabilité, de confiance
qui stimulent l’envie de découverte à
partir de la base maintenant
connue et différenciée.
Différence
avec le trouble Angoisse de séparation, traité
plus loin,
l’angoisse de séparation
développementale va disparaître
peu à peu. A 18 mois, les séparations vont
être mieux
tolérées : la maman ou la figure
d’attachement va rester
réelle, vivante, bien qu’absente, grâce
à une représentation
mentale qui s’élabore.
Ainsi
peuvent s’enchaîner, développement des
compétences
sociales, accès à la culture, aux divers
apprentissages jusqu’à
la conquête de l’autonomie.
L’angoisse
de séparation développementale est donc la
première
étape, naturelle et nécessaire de tout
apprentissage.
Haut
de page
èL’angoisse
de séparation en tant que trouble .
Anxiété
excessive lorsque l’enfant ou l’adolescent est
séparé des
personnes auxquelles il est attaché.
Trois
séries de signes (Mouren-Simeoni et coll.) :
1)
Détresse
Détresse
(pleurs, colères, angoisses jusqu’au trouble
panique) lors de la
séparation, pour le jeune enfant mais aussi lorsque la
séparation
est imminente lorsque l’enfant peut anticiper,
prévoir ou appréhender.
Selon
l’âge, les manifestations somatiques sont diverses :
-
chez l’enfant : nausées, maux de tête,
maux d’estomac
-
chez l’adolescent : palpitations, tremblement, sensations
d’évanouissement,
gêne ou oppression respiratoire, …
L’accessibilité
aux proches et surtout à la mère est le souci de
chaque instant.
Les enfants restent au plus proche de leur mère ou prennent
régulièrement
et systématiquement des informations sur sa
présence.
Conséquemment,
l’enfant paraît souvent capricieux, exclusif ou
colérique
mais peut également, par peur de la séparation
adopter une
attitude sérieuse, obéissante, toujours
tournée vers
le plaisir de l’entourage.
2)
Rumination, préoccupations morbides
Les
craintes de l’enfant portent essentiellement sur sa famille
ou sur lui-même
(maladies, accidents, agressions, rapt, terreurs nocturnes tournant
autour
de la séparation, de la mort…).
Ces
peurs peuvent, avec l’adolescence se transformer en
obsessions ou prendre
la forme d’une anxiété
généralisée,
plus diffuse mais souvent morbide.
3)
Nostalgie et désir de réunion familiale
Malaise
lors de l’éloignement, pensée
obnubilée par des images
de retrouvailles, …
Schématiques,
ces trois séries de signe sont bien sûr
présentes à
des degrés divers selon l’enfant. De
manière constante et
diffuse, de manière sporadique mais aigüe, le
trouble angoisse
de séparation peut prendre de nombreux visages.
è
Angoisse de séparation selon le DSM III-R.
A.
Anxiété excessive concernant la
séparation d’avec
les personnes auxquelles l’enfant est attaché,
comme en témoignent
au moins trois des manifestations suivantes :
(1)
Peur irréaliste et persistante d’un danger
possible menaçant
les personnes auxquelles l’enfant est principalement
attaché, ou
peur que celles-ci partent sans revenir.
(2)
Peur irréaliste et persistante qu’une catastrophe
imminente ne sépare
l’enfant d’une des personnes auxquelles il est
principalement attaché
: par exemple, l’enfant va se perdre, être
kidnappé, victime
d’un accident…
(3)
Réticence persistante ou refus d’aller
à l’école afin
de rester à la maison ou auprès des personnelles
auxquelles
il est principalement attaché.
(4)
Réticence persistante ou refus d’aller dormir sans
être près
d’une personne à laquelle il est principalement
attaché,
ou d’aller dormir en dehors de la maison.
(5)
Evite systématiquement de rester seul à la
maison, notamment
s’agrippe et suit comme une ombre les personnes auxquelles il
est principalement
attaché.
(6)
Rêves angoissants répétés
à thème
de séparation.
(7)
Plaintes somatiques (par exemple : maux de tête, douleurs
abdominales,
nausées, vomissements) très souvent les jours
d’école,,
ou en d’autres occasions quand il y a anticipation
d’une séparation
d’avec les personnes auxquelles l’enfant est
particulièrement attaché.
(8)
Signes ou plaintes répétitives d’une
angoisse extrême
lors d’une séparation anticipée de la
maison ou d’avec une
personne à laquelle l’enfant est principalement
attaché.
Par exemple : crises de colère ou pleurs, demandes
pressantes aux
parents de ne pas partir.
(9)
Plaintes à répétition,
témoignant d’une angoisse
extrême quand l’enfant est
séparé de la maison ou d’avec
les personnes auxquelles il est principalement attaché. Par
exemple
: veut retourner à la maison, a besoin d’appeler
les parents quand
ceux-ci s’absentent ou quand il n’est pas
à la maison.
B.
Durée de la perturbation : au moins deux semaines
C.
Survenue avant l’âge de dix-huit ans
D.
Ne survient pas exclusivement au cours de
l’évolution d’un trouble
envahissant du développement ou d’un trouble
psychotique.
On constate
une forte angoisse de séparation entre autres chez les
personnes
souffrant de boulimie et en age de s'autonomiser, qui partent faire des
études, trouvent un travail ou s'installent en couple. La
personne
a quitté le système mais en souffre. La
compétition
se continue à distance et les crises peuvent être
également
un moyen indirect pour certaines de retrouver un contact avec la
famille
nourricière ou de la contrôler à
distance (lorsque
le trouble est connu). Les crises peuvent également
constituer un
moyen de se replonger dans ce système auquel elles pensent
avec
nostalgie et dont le trouble alimentaire constitue une
réminiscence.
L'angoisse peut être également
générée
par la séparation du père et du foyer si il y
avait une atmosphère
de concurrence mère-fille. La jeune fille n'est plus au
contact
de son père, ne contrôle plus la situation de
rivalité.
Haut de page
èPersonnalité
dépendante .
Le
terme de dépendance affective, à la mode, ne
répond
à rien de précis. Le terme de
personnalité dépendante,
décrit par le DSMIV correspond assez souvent à un
continuum
de l’angoisse de séparation et se
révèle assez souvent
dans les troubles alimentaires.
Il
peut se définir ainsi :
-
Besoin général et excessif
d’être pris en charge
-
Comportement soumis et « collant »
-
Peur de la séparation
-
Apparition au début de l’âge adulte
-
La dépendance peut se révéler dans un
couple, mais
aussi dans le rapport à un ami, un membre de la
famille…
-
Pour répondre au diagnostic de personnalité
dépendante,
il faut répondre à 5 des critères
suivants :
1.
Le sujet a du mal à prendre des décisions dans la
vie courante
sans être rassuré ou conseillé de
manière excessive
par autrui.
2.
Le sujet a besoin que d’autres assument les
responsabilités dans
la plupart des domaines importants de sa vie.
3.
Le sujet a du mal à exprimer un désaccord avec
autrui de
peur de perdre son soutien ou son approbation.
4.
Le sujet a du mal à initier des projets ou à
faire des choses
seul (par manque de confiance en son propre jugement ou en ses propres
capacités plutôt que par manque de motivation ou
d’énergie).
5.
Le sujet cherche à outrance à obtenir le soutien
et l’appui
d’autrui, au point de se porter volontaire pour faire des
choses désagréables.
6.
Le sujet se sent mal à l’aise ou impuissant quand
il est seul par
crainte exagérée d’être
incapable de se débrouiller.
7.
Lorsqu’une relation proche se termine, le sujet cherche de
manière
urgente une autre relation qui puisse assurer les soins et le soutien
dont
il a besoin.
8.
Le sujet est préoccupé de manière
irréaliste
par la crainte d’être laissé
à se débrouiller
seul.
On retrouve
dans la définition de la personnalité
dépendante de
nombreux éléments présentés
plus haut pour
l'hyperphagie. Cette dimension "dépendante" est à
considérer
avec attention et la remise en cause de l'hyperphagie correspond assez
souvent à la résolution de ces
différents points et
à l'acquisition des compétences qui correspondent
: avoir
la capacité de choisir, prendre ses
responsabilités, exprimer
son désaccord, s'affirmer, avoir confaince en soi, ...
Hyperempathie
Il convient
tout d'abord avant de définir le néologisme
d'"hyperempathie",
de présenter le terme d'"empathie" : «
L’état d’empathie,
ou la qualité d’être empathique,
consiste à percevoir
avec précision le cadre de référence
interne de l’autre,
les composantes émotionnelles et les significations qui
s’y attachent,
comme si on était la personne elle-même mais sans
perdre de
vue le « comme si ». Donc, cela signifie saisir la
douleur
ou le plaisir de l’autre comme l’autre les ressent
et en percevoir les
causes comme lui les perçoit, mais sans jamais perdre de vue
que
c’est comme si j’étais
affligé ou réjoui etc… Si
l’on
perd la qualité de ce « comme si »,
l’état est
celui d’identification. » Rogers, 1959
L’hyperempathie,
c’est donc être absorbé par les autres,
le monde extérieur,
en s’oubliant soi-même. Trop tourné vers
l’autre la personne
»hyperempathique » se perd. Il y a là un
déséquilibre.
Elle ne peut se distancier, ne peut se détacher. Le trouble
alimentaire
trouve là une fonction adaptative : J’EXISTE
1)
Grâce
à l’alimentaire, la personne retrouve un corps une
intériorité,
des repères dedans-dehors, une limite moi-les autres. Ce
sentiment
d’exister est également
généré par
l’activité
des sens (goût, odorat, toucher, sensation de ventre
plein…), même
si elle est basique.
2)
Grâce
à l’alimentaire, la personne trouve
l’occasion de s’affirmer contre
l’avis, les dogmes ou injonctions de son entourage,
opposition que l’on
peut retrouver d’ailleurs dans d’autres domaines de
vie.
Il est
à
noter que les familles des personnes souffrant de troubles alimentaires
présentent fréquemment un défaut
d’empathie et s’inscrivent
donc souvent à l’inverse. Il y a donc
là encore opposition.
Ces
différents
chapitres témoignent ici des ambiguïtés,
conflits, contradictions
qui mène au trouble : on a là une personne
insécurisée,
qui craint d’être envahie par le monde
extérieur, tout en
vouant sa vie à ce même monde
extérieur, dépendante
et inséparable de ce même univers.
Complexité du système,
des enjeux relationnels qui posent la nécessité
de poser
les limites de ce qui est interne, de ce qui est externe pour
construire
une évolution sécurisée et
adaptée au bien-être
de la personne souffrant de troubles alimentaires.
Haut
de page
Boulimie et interaction
La
boulimie génère assez
fréquemment une approche multi-dimensionnelle : on
se penche sur les
cognitions (pensées,
représentations…), sur les comportements
(relationnels,
alimentaires…), sur les émotions (tristesse,
ennui, culpabilité…). Ce type
d’approche peut suffire à résoudre le
trouble. Dans les cas les plus difficiles
à traiter, la nécessité
apparaît de changer de cadre, de se mettre dans une
position « meta » et
d’observer comment s’organise le trouble. On
étudie alors le processus d’un point de vue
systémique, le système
étudié étant
alors la personne, les autres, le monde et les interactions qui les
mettent en
rapport. Le lien vient alors au centre du débat et si son
observation permet de
résoudre un trouble jusque là ardu à
aborder, on peut légitimement penser que
les liens et interactions se trouvent au centre du processus.
Le
premier lien en thérapie est
celui du sujet avec… le thérapeute. Aller voir un
psy, c’est déjà courir un
risque relationnel, ce que les personnes ayant à souffrir de
boulimie ont
quelque difficultés voire une impossibilité
à faire. Etablir le lien en
thérapie, c’est permettre à la personne
de mettre en place un espace où quelque
chose de différent est possible, de manière
sécurisée et bénéfique. La
petite
fille modèle peut progressivement quitter sa bulle
protectrice pour s’engager
dans quelque chose de relationnel, ce qui constitue
déjà une presque nouveauté
pour elle et alors constater qu’il est possible
d’établir un lien, de tomber le
voile sans pour cela courir un terrible risque. Le premier lien est
donc de la
responsabilité du thérapeute qui pose le cadre,
établit le rapport, sortes de
premiers pas dans la construction par le sujet d’un processus
relationnel
différent, épanouissant et en même
temps sécurisé.
Les
liens suivants sont externes
au cabinet de consultation. Pour montrer l’importance de
l’évolution
interactionnelle, on peut se pencher sur le retour de personnes qui ont
réussi
à résoudre leurs difficultés
alimentaires. Elles témoignent
généralement d’une
vie relationnelle qui s’épanouit (confiance,
expression de soi, de ses
émotions, sensation d’être à
sa place, conscience et intégration des signes
extérieur
d’intérêt, de reconnaissance
etc…). Par exemple un sujet qui sent le vide se
remplir progressivement au rythme où il renoue des liens
avec sa famille,
retrouve sa place, son rôle tout en quittant
fréquemment celui qui lui avait été
attribué artificiellement pour répondre aux
vicissitudes de la vie, aux enjeux
familiaux…
Les
tâches de réflexion qui
peuvent être prescrites avec pertinence témoignent
de cette importance de la
vie relationnelle et de la notion de risque. On avance à
tâtons avec par
exemple : « Si vous le voulez bien,
j’aimerais que vous réfléchissiez
à ceci tous les matins : imaginez que vous soyez
plus en confiance dans
vos relations avec les autres. Quelle serait la plus petite chose que
vous
feriez ? ». Ici il s’agit
d’aborder le changement interactionnel,
mais de manière sécurisée, en
imagination tout d’abord et également en
matière
de tout petit pas. L’émotion
de la vie en relation doit être abordée sans
qu’il y ait éventualité de
débordement. Un simple changement minimal.
Ce
changement dans la vie
relationnelle est rendu difficile par son risque émotionnel
(débordement,
déception, conflit etc…) mais aussi dans ce
qu’il comporte de risque pour le
système dans lequel évolue le sujet. Evoluer,
c’est également mettre en péril
l’homéostasie de la famille par exemple. Les
interactions changent, le système
peut se sentir menacé dans son écologie.
C’est là un danger perçu plus ou moins
inconsciemment et les différents liens peuvent bloquer la
personne dans son
évolution ou la replacer après des
progrès dans la situation de départ.
J. Boutillier,
thérapeute et coach
-
Enseignant à l'Institut
Normand de Coaching et
de thérapies brèves
- Auteur de En terminer avec la boulimie et Perdre du poids
A
l'écart des approches de régime
draconiens ou des démarches hyper-psychologiques, l'hypnose
ericksonienne
s'impose comme une solution réelle et complête aux
problèmes
de poids ou de dépendances alimentaires. Ce CD
présente un
panorama des techniques actuelles d'hypnose, sophrologie et
programmation
neuro linguistique utilisées pour la perte de poids et les
troubles
alimentaires du type boulimie et hyperphagie. Pour un
résultat efficace,
pour des changements naturels et durables. En
savoir plus
Ce
coffret de 4 CDs regroupe de
nombreuses ressources de sophrologie, relaxation, hypnose ericksonienne
et programmation neuro-linguistique consacrées au traitement
de
la boulimie. De nombreux aspects de la problématique sont
traités
: gestion du stress et de l'anxiété, gestion
émotionnelle,
travail et développement de la confiance en soi, traitement
des
stress et traumatismes, traitement de l'angoisse de
séparation,
traitement de la dépendance, remise en cause des
schémas
de pensées propres au trouble alimentaire et traitement de
la boulimie
proprement dite.
Une
approche complète, naturelle
et efficace pour se libérer de la boulimie. En
savoir plus
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