Hypnose
ericksonienne
L'hypnose
ericksonienne
s'appuie
initialement sur les travaux et l'influence importante
de Milton Erickson
(1901-1980), psychiatre américain et père talentueux
de la thérapie brève
moderne.
Cette
approche
n'a absolument rien à voir avec l'hypnose de
spectacle que chacun a pu observer. L’hypnose
ericksonienne est non-directive,
s’adapte à chaque individu, respecte
sa vision du monde, son système de perception, ses
différents fonctionnements internes etc…
En
cela,
elle garantit un travail
écologique, respectant l’équilibre du sujet
et garantissant ainsi des résultats naturels,
stables
et durables.
"Les
thérapeutes
qui souhaitent aider leurs patients ne doivent
jamais mépriser, condamner ou rejeter le moindre
aspect de la conduite du patient, simplement
parce qu'il est gênant, déraisonnable ou même
irrationnel. Le comportement du patient fait
partie du problème qui est amené dans le
cabinet, il constitue l'environnement personnel
au sein duquel la thérapie doit prendre son
effet." MH Erickson
Définir
l'Hypnose
Nombre
d’auteurs
ont essayé avec difficulté de définir l’hypnose. On
peut dégager quelques aspects important dans le cadre
de la relation thérapeutique.
w Un
phénomène
naturel d’absorption
L’état
hypnotique
est un mode de fonctionnement mental que tout être
humain rencontre au cours de la journée dans les
moments d’attention particulière (focalisation),
de rêverie ou de distraction (dispersion).
Focalisation :
si on écoute un orateur passionnant, on va mettre de
côté les perceptions conscientes (les gens autour, la
chaise inconfortable, le temps qui passe…) pour
s’absorber dans le discours.
Dispersion :
si l’orateur est ennuyeux ou confus, on va après
quelques efforts, décrocher pour s’absorber dans ses
pensées.
w Un
phénomène
dissociatif conscient-inconscient
L’état
modifié
de conscience se caractérise donc, qu’il y ait
focalisation ou dispersion, par une absorption qui
crée un phénomène dissociatif : conscient et
inconscient sont séparés, fonctionnent simultanément
mais de manière différente. En même temps que le
conscient est en recul, le sujet s’installe dans un
fonctionnement inconscient.
w Un
état
modifié de conscience
Ainsi,
il
apparaît que
l’hypnose ne constitue pas dans un premier temps une
technique ou une thérapie : l’hypnose est un état
modifié de conscience. Un état–passerelle qui
permet au sujet d’accéder à son intériorité et
d’utiliser des potentiels et processus inconscients
jusque là inaccessibles.
Transe
et
absorption
La
transe (de
transir :
passer, s’en aller…) représente l’état
de conscience modifié (entre veille
et sommeil) dans lequel le sujet se trouve
pendant la séance d’hypnose. Il ne s’agit pas
de grimper au plafond ou de danser
frénétiquement mais simplement d’entrer dans
un état d’attention intermédiaire, un état d’absorption
naturel que nous traversons plusieurs
fois chaque jour (par exemple au cinéma où,
absorbé par le film, on oublie la salle et les
gens autour). En hypnose ericksonienne, cette
absorption du sujet sera tournée vers
lui-même, ce que l’on nomme focalisation
interne.
Cette
focalisation
interne naît d’un recul,
celui du conscient.
Le sujet s’occupe moins de l’extérieur, se
tourne donc vers l’intérieur. Les stimuli
externes perdent de leur importance. Sorti de
ce cadre conscient, le sujet change
son orientation à la réalité, s’ouvre
à de nouvelles ressources, possibilités
d’évolution jusque
là inconscientes, les compétences
personnelles se développent : créativité,
imagination, ressources d’évolution,
changement de représentation, accès à des
savoirs, connaissance etc…
Domaines
de
compétences de l’inconscient
La
condition
du changement
est donc l’accès
à
des ressources.
La difficulté
du
changement psychologique
réside dans la nature
inconsciente
de ces ressources.
L'hypnose ericksonienne en constitue
une clef
d’accès.
En
évoquant
le terme d’ «inconscient », on est loin
ici des conceptions freudiennes, faisant
de l’inconscient une entité obscure
voire menaçante qui joue le plus souvent
des tours pendables.
Erickson
a
introduit une vision bien différente et
opératrice de l’inconscient
:
-
Le
conscient,
c’est la conscience du moi
ici
et maintenant, c’est-à-dire les
quelques choses que vous êtes en train
de faire, les quelques choses auxquelles
vous portez attention.
-
L’inconscient,
c’est tout le reste, «ce qui n’est pas
encore conscient», conception
ericksonienne très large. 95%
de notre fonctionnement est
inconscient. L’hypnose
établit un pont vers cette richesse
intérieure.
L’hypnose
est
un pont, un moment privilégié où la
partie émergée de l’iceberg, consciente,
fait appel à la partie immergée,
inconsciente.
Plus
précisément,
l’inconscient présentera différentes
fonctions utiles :
1.
Fonction
de connaissances :
l’inconscient est une gigantesque
archive d’apprentissages, de souvenirs,
de connaissances... C’est entre autre le
siège des expériences de vie, des
croyances, des stratégies internes qui
vont générer nos émotions et nos
comportements (adaptés ou
pathologiques).
2.
Fonction
biologiques : l’inconscient
fait fonctionner notre corps,
(équilibres naturels, régulations
physiologiques autonomes, système
immunitaire, …). Il n’y a pas ici de
dichotomie psycho-soma :
L'esprit
et
le corps représentent deux aspects
d'un seul et même système
d'information : la vie (Rossi)
3.
Fonction
de protection : l’inconscient
est le siège de l’instinct de survie
mais aussi de l’intuition par exemple et
sait rendre conscient ce qui est
nécessaire au sujet (prises de
conscience), mettre de côté ce qui pose
problème ou est inutile (refoulement,
oubli). Il est orienté vers le bien-être
et la survie.
Changement
et
inconscient
Un
changement
de représentation de la réalité
s’établit donc à un niveau inconscient
avant d’être conscientisé de manière
plus ou moins parcellaire. Il s’agit
d’accéder à des ressources jusque là
inconnue et donc inutilisées :
Vous
savez beaucoup plus de choses que vous
savez que vous savez. M.H.
Erickson.
Ceci
rejoint
le présupposé de la programmation
neuro-linguistique :
Chaque
personne
dispose déjà de toutes les ressources
dont elle a besoin.
Ces aspects introduisent la nécessité
de la variation
de
l’état de conscience dans la relation
thérapeutique. L’état
de conscience modifié
constituera un moment
de choix d’accès aux
informations et de travail intérieur
d’évolution ou de
changement.
Caractéristiques
de
l'inconscient
Avant
de
découvrir les modalités ou techniques
de communication avec l’inconscient,
il convient de définir les contours et
caractéristiques de cette richesse
intérieure.
w L’inconscient
est
hyper-compétent : il est
capable de traiter de multiples
informations de manière simultanée,
cela à une grande vitesse. Les
ressources thérapeutiques sont donc
puissantes voire illimitées.
w L’inconscient
est omniscient : il
contient et manie des informations
sans que le conscient en soit
informé. Le travail thérapeutique
peut donc s’installer à différents
niveaux, au-delà des capacités
conscientes, de manière large et
approfondie.
w L’inconscient
est
personnel : tout ce qui
concerne la vie du sujet est
stocké, archivé et constitue donc
un matériau utile. En mobilisant
l’inconscient, on sollicite
l’entière intériorité de la
personne, dans toute sa richesse
d’information et sa profondeur.
w L’inconscient
est
autonome : il possède
ses propres modes de
fonctionnements, indépendants
des limites de du conscient. Là
où le fonctionnement conscient
est bloqué ou inefficace,
l’inconscient peut mettre en
place des processus qui lui sont
personnels.
w L’inconscient
est
constamment présent :
le conscient connaît des
périodes de veille et de
sommeil, l’inconscient a une
activité et donc une capacité
d’action permanente.
w L’inconscient
est
créatif : sollicité de
manière adaptée, il mobilise des
ressources diverses et variées
et met en place des solutions
insoupçonnées, ignorées
consciemment.
w L’inconscient
est
une gigantesque archive :
tout événement, connaissance,
expérience, consciemment connus
ou non, sont archivés et
réutilisables. L’inconscient est
un grand réservoir
d’informations.
w L’inconscient
a
un fonctionnement simple :
il est concret, littéral, ne
connaît pas l’abstraction,
privilégie les fonctionnements
élémentaires (survie,
facilité…). La communication
doit donc s’adapter à ces
caractéristiques avec un
langage et des techniques
pertinentes.
w L’inconscient
fonctionne
par images :
le mode de communication
préférentiel se construira
donc sur des images,
symboles et métaphores.
Hypnose
conversationnelle
et communication ericksonienne
La
structure
de l’accession à un état modifié de conscience
pourrait se résumer par le schéma suivant :
La
structure
décrite
ici, révèle par sa simplicité un point
important : l’état hypnotique peut être obtenu de
manière non formelle, officielle (établissement d’un
cadre ou on s’installe, ferme les yeux…).
Cet aspect sera décrit à travers le chapitre
traitant de l’hypnose conversationnelle.
De
nombreuses techniques
ericksoniennes peuvent être
également utilisées sans état
modifié de conscience. Il s’agit
alors de communication
ericksonienne, conception
à l’origine de nombreuses
thérapeutiques actuelles
(programmation neuro-linguistique,
thérapie orientée solutions,
thérapie stratégique etc…)
Stratégies ericksoniennes
Le
fondement
psychothérapeutique d’Erickson est assez simple :
tout homme a en lui les ressources et potentialités de
son évolution. Ce chapitre présente une théorisation
des stratégies ericksoniennes. Sont repris ici les 5
termes issus de la théorisation de dan Short :
fragmentation,
progression, distraction, réorientation et
utilisation.
w Fragmentation
Pour
qu’une
problématique soit résolue, les ressources doivent
être plus importantes que le problème a résoudre. En
le fragmentant en parties plus petites on peut le
remettre en cause plus aisément. Une difficulté
insondable se transforme ainsi en problèmes limités et
donc plus accessibles.
Définir
précisément
un problème, c’est aussi le fragmenter. Le problème,
d’abord réalité floue et vague est clairement
circonscrit, perd de sa nature incontrôlable ou
envahissante. Il y a le problème mais aussi tout ce
qui n’est pas problématique ou soluble.
w Progression
La
progression
est une approche qui là encore diminue l’intensité du
problème en mettant en place une série de petits
bénéfices. Les succès encouragent le coaché et
développent la motivation a continuer le processus de
changement qui se fait progressivement. Il y a ici une
recherche de la plus petite indication de progrès que
l’on retrouve dans la démarche orientée solution.
Le
point
essentiel de cette stratégie est le temps : le
client doit pouvoir concevoir que comme tout phénomène
d’adaptation, la progression s’inscrit dans le temps
et que les attentes doivent donc être réalistes. Cette
notion est également importante pour le thérapeut qui
doit lui aussi s’inscrire dans la temporalité de la
résolution du problème, car la première progression
peut être minime. C’est également ce processus que
l’on retrouvera dans les techniques de
désensibilisation progressive.
w Distraction
La
distraction
est un outil puissant pour désactiver des lectures
d’avenir, auto-programmations négatives ou réponses
conditionnés à un stimulus. Il s’agit de rompre un
cercle vicieux, de détourner l’attention de situations
temporaires par un questionnement ou une activité
incompatible avec l’automatisme négatif.
-
Un
leurre externe à forte charge émotionnelle peut par
exemple distraire la focalisation sur un état
interne limitant.
-
Le
questionnement
peut être stratégique, c’est-à-dire poser une autre
problématique présupposant le problème résolu. En
réfléchissant à la réponse, le sujet admet le
problème comme résolu.
-
L’insistance
sur
les détails peut également être un bon outil de
distraction : absorbé dans la complexité d’un
acte, on en oublie sa problématique. Il s’agit de
faire focaliser le sujet sur une partie de la
réalité mais en terme de succès.
w Réorientation
On
trouve
la réorientation, d’un point de vue général dans tout
démarche de changement, puisqu’elle « est »
le changement : changement de perspective qui
permet d’évoluer dans la perception d’une situation
présente ou d’expérience passée. Le rôle du thérapeute
n’est pas d’imposer un autre point de vue mais
d’élargir le spectre des possibilités.
-
L’outil de réorientation omniprésent dans
l'intervention thérapeutique ou de coaching est le
recadrage déjà décrit dans un chapitre précédent
: on prend les critères et variables de la
réalité pour les transporter dans un cadre
psychologique nouveau, qui de lui-même transpose les
informations. Il s’agit donc en fait d’un
reconditionnement cognitif qui permet d’accéder à
d’autres manières de réagir.
-
Forme de recadrage, la normalisation est le
processus par lequel on transforme un stimulus
inquiétant en intention positive.
- Chef, pourrais-je quitter le bureau trois
heures plus tôt, pour pouvoir aller faire des
courses avec ma femme ?
- Il n’en est pas question !
- Merci, Chef. Je savais que vous ne me laisseriez
pas tomber. |
-
L’extériorisation est également une forme de recadrage
qui consiste à réorienter le coaché pour avoir un point
de vue extérieur sur la problématique. La caricature
d’un comportement peut par exemple être un outil.
-
La distorsion temporelle est un une technique de
réorientation : allonger la durée subjective des
moments positifs et
diminuer celle des moments négatif une relecture
différente de ce qui a été, est ou sera vécu.
w Utilisation
La
stratégie
d’utilisation consiste à utiliser ce que le sujet
propose, que ce soit fonctionnel ou dysfonctionnel. Le
sujet se sent accepté et renforcé dans l’idée qu’il
possède les ressources de son évolution. En utilisant
même ce qui est problématique, l’individu ne se sent
plus « obligée » de changer, les résistances
tombent.
-
Lien simple : Le but d’une
démarche utilisationnelle est de lier l’énergie déployée
à une action améliorant la situation. En d’autres
termes : qu’est-ce que la personne a envie de faire
(valeurs et désir) et en quoi cela peut-il lui être
utile ?
-
Double lien : Dan Short décrit le double lien
comme une « embuscade bienveillante ».
Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans à
Chicago. Il aimerait bien planter des pommes de
terre dans son jardin mais il est tout seul, vieux
et trop faible.
Il envoie alors un E-mail à son fils qui étudie à
Paris pour lui faire part de son problème :
"Cher Ahmed, je suis très triste car je ne peux
pas planter des pommes de terre dans mon jardin.
Je suis sûr que si tu étais ici avec moi tu aurais
pu m’aider à retourner la terre. Je t’aime, ton
Père".
Le lendemain, le vieil homme reçoit un
E-mail :
"Cher Père, s’il te plaît, ne touche surtout pas
au jardin ! J’y ai caché la "chose". Moi
aussi je t’aime. Ahmed"
A 4 heures du matin arrivent chez le vieillard l’
US Army, les Marines, le FBI, la CIA et même une
unité d’élite des Rangers. Ils fouillent tout le
jardin, millimètre par millimètre et repartent
déçus car ils n’ont rien trouvé.
Le lendemain, le vieil homme reçoit un nouveau
E-mail de la part de son fils :
"Cher Père, je suis certain que la terre de tout
le jardin est désormais retournée et que tu peux
planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas
faire plus pour toi. Je t’aime, Ahmed" |
Hypnose
et régression
La
régression
est une technique hypnotique avancée, à pratiquer avec
un thérapeute de qualité.
Retrouver
le passé et le revivre ne sert à rien en soi.
Par contre, il peut être utile de
reconsidérer un événement du passé (la plupart du
temps pendant l’enfance ou juste avant). Pour établir
une distance, on crée une dissociation : le sujet
n’est pas dans l’événement, mais l’observe (il voit,
entend mais ressent peu). Dans cette position,
l’adulte d’ici et maintenant peut voir le passé sous
un nouvel éclairage, comprendre, recadrer sa
perception, ce qui n’est pas possible à l’enfant,
raisonnant et appréhendant la réalité comme son âge
lui permet. La régression n’est pas un outil du passé,
mais un outil puissant et efficace de restructuration
du présent et de l’avenir.
Régression
ou
pas ?
On peut confier la réponse à O. Lockert
(1) :
« - En cas de « bleu à l’âme » (du aux
choses du passé) : soignez le présent. Pansez les
blessures. Pas de régression.
- En cas « d’épine à l’âme » (due aux
choses du passé) : soignez le passé. Retirez l’épine
et désinfectez grâce à la régression hypnotique »
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Prescription
de tâches
Peut-être
avez-vous
entendu parler d’un praticien en hypnose ericksonienne
ou d’Erickson lui-même qui prescrivait des tâches
étranges voire loufoques.
Les tâches seront de différents ordres
:
-
Tâches métaphoriques : il s’agit d’exprimer le
changement sous une forme métaphorique. A quelqu’un
qui rêve de couper les liens avec une maman trop
possessive, on peut tout à fait demander d’acheter une
corde et d’en couper un bout chaque jour.
L’inconscient comprend très bien ce type de message
(détruire, enterrer, couper voire brûler, sont des
tâches symboliques par excellence).
-
Taches ordaliques : il s’agit de prescrire
une tâche plus pénible que le symptôme, à l’apparition
du dit symptôme. Par exemple, Erickson prescrivait des
tâches insensées aux insomniaques en cas de réveil la
nuit, ce qui fait qu’ils préféraient inconsciemment…
ne pas se réveiller.
-
Tâches paradoxales : Le but est de prescrire le
symptôme au sujet, entre autres pour réintroduire
l’idée de contrôle du symptôme, de demander au sujet
de le produire à la demande.
-
Tâches d’apprentissages : proches du
comportementalisme, tâches qui permettent de
développer les compétences nécessaires à la résolution
du problème.
Psychobiologie
- Erickson, Rossi
Le
terme
de psychobiologie correspond ici aux progrès et
découvertes mis en place par l'émergence de
l'hypnose ericksonienne, non aux errements divers
que des gourous en tous genres peuvent mettre en
place actuellement.
Au
début des années 50, Milton Erickson a réintroduit l'hypnose
dans le domaine thérapeutique, une hypnose ouverte,
non-directive. Dans son sillage, l'école de Palo Alto
et quelqu'uns de ses élèves, dont Rossi, ont continué
son travail et générant un renouveau important dans le
champ de la psychosomatique. Rossi effectue un travail
considérable dans ce domaine, aidé des progrès et
études de la neurobiologie (étude des
neuro-transmetteurs qui font la liaison corps-esprit).
Depuis peu, la psycho-neuro-immunologie apporte les
bases scientifiques de cette approche, jusque-là
essentiellement empirique.
"L'esprit
et le corps représentent deux aspects d'un seul et
même système d'information : la vie" (Rossi)
Sans
entrer
dans des détails et termes trop scientifiques,
l'élément primordial de ces avancées est
l'information (et son traitement). la psychologie,
la biologie, la physique, la génétique ou toute
approche humaine ont un dénominateur commun :
l'information.
"Toutes
les formes d'organisation sur le plan
psychologique, physique et biologique, sont en
fait des expressions de l'information et de ses
transformations" (Stonier)
w
Transduction
: Le
terme de transduction désigne le
processus de transformation
de
l'organisation
de l'information,
ou sa conversion
d'une
forme à une autre.
La transduction est par exemple le procédé qui
transforme la suggestion hypnotique, la concrétise en
un changement.
Concrètement,
nous vivons des événements que nous encodons, nous
stockons en les convertissant. Pour cela, nous
utilisons les molécules messagères (cortisol,
endomorphine, hormone de croissance, insuline,
testostérone...) issues de toutes nos cellules.
Le
psycho-soma est considéré comme un vaste réseau
d'information ou tous les systèmes communiquent,
imbriqués les uns dans les autres, en inter-relation
(génétique, immunologique, hormonal...). Cet encodage
est stocké dans le système hypothalamo-limbique du
cerveau. Ce système est au centre de la communication
de l'information, schématiquement entre le stress et
les réponses immunitaires.
w
Somatisation
et
symbolisation
Selon
l'état
psychologique, émotionnel du sujet, il peut alors y
avoir deux processus :
-
l'information est traduite, transmise, le sujet
s'adapte de manière appropriée.
-
l'information n’est pas traduite, transmise, le
sujet s’adapte de manière inadaptée à son bien-être.
Une
répétition
de stress va entraîner une altération durable des
encodages. Le symptôme psychosomatique est alors
stocké de manière erratique comme LE phénomène
d'adaptation. Ainsi, même si le stress a disparu, la
réponse d'adaptation, symptôme psychosomatique, reste
et s'installe comme LA réponse.
L'hypnose
thérapeutique se penche sur ces phénomènes de
traitement de l'information, tous ces processus
psychobiologiques naturels de transduction de
l'information, de la mémoire, des apprentissages et
des comportements en étroite relation avec l'état
émotionnel du moment. Et l'état hypnotique est un
moment privilégié de contact avec ces
processus, moment où affleurent et sont accessibles
ces mécanismes complexes qui convertissent
l'information psychologique à un niveau somatique.
L’hypnose
est un outil de réorganisation psychosomatique
puissant, permettant un apprentissage de la symbolisation :
le symptôme se dégage du somatique, redevient
symbole. La pensée peut s’organiser.
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Les
métaphores
Une
difficulté
psychologique ou un blocage répond souvent à une
impossibilité : le sujet est bloqué dans des
stratégies conscientes qui n’apportent pas
satisfaction, entretiennent ou nourrissent la
difficulté. La résolution du problème, installé dans
une impasse consciente (« encore plus de la même
chose », par exemple), doit s’installer à un
autre niveau, inconscient. Le langage métaphorique est
un puissant processus d’activation de ce niveau
intérieur, inconscient, beaucoup plus compétent,
puissant et créatif. Erickson définissait la métaphore
comme « moyen qui permet d’apporter de
nouvelles significations à la conscience ».
Produire
une
métaphore,
c’est sortir un mot ou un groupe
de mot de leur contexte pour les faire passer du sens
propre au sens figuré. Autrement dit, la métaphore est
une comparaison dissimulée, exprimée sans le mot
« comme ». Le sens propre s’adresse à la
raison, le sens figuré à l’imaginaire. La métaphore
peut prendre la forme d’une image, d’une histoire,
d’un proverbe, d’une anecdote, d’une citation, d’un
mythe, d’un conte…
Une
métaphore
doit présenter quelques critères pour être
efficace :
w Une
métaphore,
comme toute histoire doit avoir
-
un début : la problématique métaphorisée
-
un milieu : la stratégie de résolution
métaphorisée
-
une fin : le dénouement, solution métaphorique au
problème.
w Une
métaphore
doit être isomorphique, c’est-à-dire reproduire
personnes, événements, processus ou problématique de
manière équivalente aux critères de la situation
réelle.
w Une
métaphore
doit respecter la carte de la réalité du sujet :
dominante sensorielle, submodalités, metaprogrammes,
systèmes de croyance…
w Une
métaphore
doit être énoncée en synchronisation avec la personne,
en calibrant et ajustant en fonction des réactions
verbales et non-verbales.
w Une
métaphore
doit susciter émotion ou intérêt venant cristalliser
inconsciemment les significations et solutions.
w Une
métaphore
doit être inconsciente, c’est-à-dire implicite, non
compréhensible consciemment. Problématique, stratégie
et résolution sont abordées à un autre niveau.
L’usage
métaphorique
présente nombre d’avantages :
w La
métaphore
ouvre le champ des possibles :
« En
l'absence de rails préétablis, le travail
d'interprétation de la métaphore confère à
l'interprète un espace virtuellement ouvert »
Prandi
w La
métaphore
est suggestive : elle s’adresse à l’inconscient
du sujet en déjouant les mécanismes de défense qui se
seraient déclenchés avec un message direct.
w La
solution
est
masquée : elle laisse la possibilité au client
d’adopter ou non ce qui lui est proposé.
w La
solution
est
déterminée par le sujet, issue de son ’interprétation
de la métaphore. La solution est SA solution.
Une
anecdote,
une fable une expérience personnelle du thérapeute…
sont autant de chemins offerts vers le changement. Le
but est toujours d’activer des processus de recadrage,
d’évolution chez le sujet. La métaphore évoquera des
ressources nécessaires au sujet pour la résolution de
son problème.
Une
métaphore
pourra être utilisée pour faire intégrer tout élément
de la démarche thérapeutique :
-
Le
sujet a en lui les ressources de son évolution
-
L’échec
est
une information
-
Les
difficultés
peuvent être surmontées
-
On
atteint l’objectif qu’on s’est fixé
Une
métaphore
peut être fermée ou ouverte :
1)
Métaphore fermée : le
thérapeute
propose, oriente en fonction des particularités et
réactions du client. Celui-ci
écoute et traite inconsciemment les informations en
s’appropriant les symboles.
2)
Métaphore ouverte :
le
sujet intervient dans la construction de la métaphore
qui évolue vers sa résolution inconsciente à travers
un dialogue entre thérapeute et client.
J.
Boutillier
Thérapeute
et
coach
Enseignant
à
l'Institut
Normand de Coaching et de thérapies brèves
Bibliographie et liens
Les
livres et Cd d'hypnose sur :
L'espace
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Sélection
bibliographique
pour professionnels :
- Un
séminaire avec Milton H. Erickson / J.
Zeig / Satas
- Espoir
et résilience / D. Short / Satas
- Métaphores
et suggestions hypnotiques / C. Hammond /
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programmation neuro-linguistique : INCTB Visiter
Forum de
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Site
consacré à l'hypnose et aux
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Prochaine session complète à Caen à partir du 6
juillet 2012, du 26 février 2013 et du 8 juillet 2013
Gérer
le
stress -prendre la prole en public - Déterminer et
atteindre ses objectifs - Déveloper son charisme
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